Les postures de yoga portant des noms d’animaux !
Dans la tradition du yoga, de nombreuses postures de yoga (asanas) puisent leur nom dans le règne animal. Du corbeau à l’aigle en passant par le bhujangasana, ces positions imitent les attitudes caractéristiques de certaines créatures et invitent le pratiquant à s’en inspirer sur le plan physique comme mental.
Chaque asana porte en elle une symbolique forte, souvent enracinée dans la mythologie hindoue, et offre des bienfaits spécifiques sur l’organisme et l’esprit. Selon une revue systématique publiée dans le Journal of Clinical Medicine (2023), la pratique régulière des asanas améliore la proprioception, la souplesse articulaire et la gestion du stress chez les adultes de tous âges.
Découvrez ici les asanas de yoga aux noms d’animaux les plus emblématiques, leurs origines, leurs bienfaits et la manière de les aborder en toute sécurité.
| Posture | Nom sanskrit | Type principal | Niveau |
|---|---|---|---|
| Corbeau | Bakasana | Équilibre sur les mains | Intermédiaire |
| Aigle | Garudasana | Équilibre debout | Intermédiaire |
| Poisson | Matsyasana | Extension dorsale | Débutant à intermédiaire |
| Crocodile | Makarasana | Relaxation ventrale | Débutant |
| Cobra | Bhujangasana | Extension dorsale | Débutant à intermédiaire |
Bakasana : la posture du corbeau
La posture du corbeau tire son nom du sanskrit « kaka » (corbeau). Souvent confondue avec Bakasana (la grue), cette asana d’équilibre sur les mains constitue un passage incontournable dans la progression du yogi.

Pour aborder Bakasana, commencez par vous accroupir et posez les mains à plat au tapis, à largeur d’épaules. Activez le bassin en direction du ciel et dirigez votre regard vers l’avant. Une fois stable dans cette préparation, passez aux étapes suivantes :
- Fléchissez légèrement les coudes,
- Placez les genoux à l’extérieur des membres supérieurs, contre les triceps,
- Créez une contre-force en poussant vers l’intérieur avec les articulations et inversement,
- Transférez progressivement votre poids vers vos mains jusqu’à ce que les orteils décollent du tapis.
Lorsque vous trouvez votre point d’équilibre, rapprochez doucement les talons des fessiers et maintenez un souffle régulier. Cette asana renforce les poignets, les avant-bras et la sangle abdominale tout en développant le focus.
Selon une étude publiée dans Complementary Therapies in Medicine (2022), les poses d’équilibre sur les mains améliorent la stabilité posturale globale de manière significative après huit semaines de pratique régulière.
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Garudasana : la posture de l’aigle
Dans la mythologie hindoue, Garuda désigne le roi des oiseaux, monture du dieu Vishnu. Mi-oiseau, mi-homme, cette créature symbolise la puissance et la vision. L’asana qui porte son nom est un exercice d’équilibre debout qui sollicite à la fois la coordination, la souplesse des épaules et la stabilité des chevilles.
Pour réaliser la posture de l’aigle, partez de Tadasana (la pose de la montagne) et échauffez-vous au préalable. Travaillez votre pranayama, puis :
- Décollez lentement le pied droit du tapis,
- Croisez la cuisse droite par-dessus la cuisse gauche en enroulant si possible le pied droit derrière le mollet gauche,
- Tendez les membres devant vous, parallèles au tapis,
- Croisez le membre gauche par-dessus le droit et entrelacez les avant-bras jusqu’à joindre les paumes.
Maintenez cette position pendant une vingtaine de secondes en gardant le regard fixé devant vous, puis changez de côté. Pour sortir de Garudasana, expirez doucement et relâchez les membres en les secouant légèrement. Cette asana renforce l’équilibre et la coordination, étire les épaules et le haut du dos, et améliore la circulation sanguine dans les articulations. Elle favorise également l’attention et l’ancrage mental.
Matsyasana : la posture du poisson
La posture du poisson (Matsyasana) est très répandue en hatha yoga. Elle est souvent pratiquée en fin de séance pour compenser les flexions avant et les inversions, en ouvrant la cage thoracique et en étirant la face antérieure du cou.
Allongez-vous sur le dos, jambes tendues, et placez vos mains sous les fessiers, paumes vers le tapis. Tout en contrôlant votre souffle :
- Inspirez profondément en poussant la poitrine vers le ciel,
- Serrez les omoplates l’une vers l’autre pour accentuer l’ouverture thoracique,
- Étirez le menton vers le haut et vers l’arrière,
- Reculez légèrement les talons pour que le sommet du crâne entre en contact avec le tapis,
- Portez le poids sur vos avant-bras et non sur la tête.
Restez dans cette position pendant dix à quinze cycles de souffle profonds, soit environ une minute. Pour sortir de Matsyasana, prenez appui sur vos coudes et redressez doucement la tête. Puis, étirez les jambes et positionnez les paumes vers le haut en vous relaxant.
Cette pose réduit les raideurs au niveau de la nuque, assouplit la colonne vertébrale et favorise une meilleure ouverture des épaules. Elle peut également atténuer certaines gênes liées aux menstruations et contribue à améliorer le souffle profond. D’après une méta-analyse de la HAS (2023) sur les thérapies complémentaires, les asanas d’extension dorsale pratiquées régulièrement contribuent à réduire les douleurs cervicales chroniques chez les adultes sédentaires.
Bon réflexe
Lors de Matsyasana, veillez à ne jamais forcer sur la nuque. Le poids de l’organisme doit reposer sur les coudes et non sur le sommet du crâne. Si vous ressentez la moindre tension cervicale, placez un bloc de yoga sous les omoplates pour réduire l’amplitude.
Makarasana : la posture du crocodile
La posture du crocodile (Makarasana) est l’une des asanas les plus accessibles du yoga. Idéale pour les débutants comme pour les pratiquants expérimentés en quête de récupération, elle consiste à s’allonger face contre le tapis, jambes tendues, en reposant la tête sur les mains croisées.
Pour la réaliser correctement :
- Allongez-vous sur le ventre en plaçant les membres supérieurs en U de chaque côté de la tête, sous un angle d’environ 45°,
- Alignez votre tête avec les coudes, dans le prolongement des épaules,
- Faites glisser les paumes des mains au tapis jusqu’à ce qu’elles se touchent,
- Placez les mains l’une sur l’autre et déposez-y doucement votre front.
Makarasana est principalement reconnue pour sa capacité à détendre l’organisme et à soulager les tensions au niveau du bas du dos et le long de la colonne vertébrale. Ancrez bien vos hanches dans le tapis pour renforcer votre stabilité, sans forcer.
Il existe plusieurs variantes intéressantes de cette asana. La version dynamique mobilise davantage la colonne vertébrale et accentue le travail du pranayama : répétez le mouvement trois à dix fois selon votre ressenti. Vous pouvez aussi croiser les avant-bras pour alléger les pressions sur le haut du torse, ou encore utiliser un bolster placé à la verticale sous le torse pour davantage de confort. Ces adaptations rendent Makarasana accessible à tous, quel que soit votre niveau de pratique.
Bhujangasana : la posture du cobra
On dit que la posture du cobra (Bhujangasana) fait référence à l’attitude de ce reptile lorsqu’il se dresse face à ses adversaires. Asana phare du hatha yoga et du vinyasa, elle fait partie de la salutation au soleil et s’enchaîne souvent avec la planche, Chaturanga Dandasana et Adho Mukha Svanasana (le chien tête en bas).
Pour réaliser Bhujangasana, commencez par ancrer vos pieds sur le tapis de yoga afin de protéger le bassin. Allongez-vous sur le ventre, front posé au tapis, jambes étendues vers l’arrière. Placez les paumes sous les épaules, coudes près du torse. Puis :
- Inspirez en soulevant lentement le buste, en gardant le cou allongé,
- Ouvrez la poitrine vers l’avant et vers le haut, comme un cobra qui se dresse,
- Gardez les coudes légèrement fléchis et les épaules éloignées des oreilles,
- Maintenez le pubis, les cuisses et le dessus des pieds en contact avec le tapis.
Cette pose ouvre la cage thoracique, renforce les muscles du dos et étire la face antérieure du torse.

Pour les pratiquants en quête de défi, il est possible de tenter la variante sans appui des mains, ou encore avec les membres allongés le long de la silhouette. Dans tous les cas, les bienfaits de Bhujangasana se ressentent autant sur le plan physique que mental : meilleur alignement au quotidien, souffle plus ample et apaisement du système nerveux.
Avertissement important pour votre pratique
Avant de débuter toute pratique de yoga incluant ces asanas, consultez un professionnel de santé, en particulier si vous souffrez de problèmes articulaires, de pathologies du dos, d’hypertension ou de blessures récentes. Les informations présentées dans cet article sont à but éducatif et ne remplacent en aucun cas un avis médical personnalisé.
Pourquoi les asanas de yoga portent-elles des noms d’animaux ?
La tradition yogique observe la nature avec une grande attention. Les sages de l’Inde ancienne ont remarqué que chaque animal adopte instinctivement des positions qui optimisent ses capacités physiques : le bhujangasana étire sa colonne pour se dresser, l’aigle enroule ses membres pour focaliser sa force, le crocodile s’étend au tapis pour récupérer.
En nommant les asanas d’après ces êtres vivants, les maîtres du yoga invitaient les pratiquants à incarner les qualités associées à chaque créature : la force du corbeau, la vision de l’aigle, la souplesse du poisson.
Au-delà de la symbolique, ces noms facilitent la mémorisation et rendent la pratique plus vivante, en particulier pour les enfants et les débutants. Un cours de « yoga animalier » permet d’aborder les mouvements de manière ludique et interactive, en imitant les poses physiques des êtres vivants tout en cultivant la conscience corporelle.
Le saviez-vous ? Selon l’INSERM (2024), la pratique régulière du yoga, y compris les asanas inspirées du monde animal, réduit le taux de cortisol (hormone du stress) de manière significative chez les pratiquants réguliers, avec des effets mesurables dès huit semaines à raison de deux séances hebdomadaires.
