Postures de Yoga

10 postures de yoga pour améliorer la flexibilité !

Angélique Goguen 

La souplesse n’est pas un prérequis pour commencer le yoga : c’est un résultat de la pratique. Beaucoup de débutants hésitent à se lancer parce qu’ils ne touchent pas leurs orteils, alors que c’est précisément pour cette raison que certaines postures de yoga existent. Chaque corps répond différemment aux étirements, et la progression se mesure en semaines, pas en jours.

Selon une étude publiée dans le International Journal of Yoga (2023), les pratiquants qui suivent un programme de yoga régulier (2 à 3 séances par semaine) gagnent en moyenne 35 % d’amplitude articulaire au niveau des hanches et des ischio-jambiers après 10 semaines. L’amélioration est progressive et cumulative.

Voici 10 postures de yoga pour travailler la souplesse de manière globale, du haut du dos jusqu’aux chevilles. Chacune cible une zone spécifique et peut être intégrée dans une routine quotidienne de 20 à 30 minutes.

Posture Zone ciblée Niveau
Uttanasana Ischio-jambiers, dos Débutant
Paschimottanasana Chaîne postérieure Débutant
Baddha Konasana Hanches, adducteurs Débutant
Trikonasana Flancs, hanches Intermédiaire
Dhanurasana Dos, épaules Intermédiaire

Uttanasana : la pince debout

Uttanasana étire l’ensemble de la chaîne postérieure, des mollets jusqu’au bas du dos. C’est souvent la première posture de souplesse enseignée en cours de yoga, car elle offre un feedback immédiat sur l’état de vos ischio-jambiers.

Une femme tient une pose de yoga avec les bras tendus vers les pieds.
La Pince Debout : l’une des postures de yoga à faire le matin, au réveil !

Debout, pieds à la largeur des hanches, penchez-vous vers l’avant depuis les hanches (pas la taille). Laissez la tête et les bras pendre naturellement. Si la tension est trop forte, pliez légèrement les genoux.

Maintenez 5 à 8 respirations. Cette posture stimule les reins et le foie tout en calmant le système nerveux. Évitez-la en cas de blessure au dos ou aux ischio-jambiers.

Un point sur la respiration : expirez à la descente, inspirez en remontant.

Paschimottanasana : la pince assise

Paschimottanasana travaille les mêmes zones qu’Uttanasana, mais en position assise, ce qui élimine le facteur équilibre et vous permet de vous concentrer entièrement sur l’étirement. Asseyez-vous avec les jambes tendues devant vous. Sur l’inspiration, allongez la colonne. Sur l’expiration, penchez-vous en avant depuis les hanches, mains vers les pieds ou les chevilles.

L’objectif n’est pas de toucher vos orteils à tout prix, mais d’allonger le dos. Si votre dos s’arrondit excessivement, placez une sangle autour de vos pieds pour maintenir la colonne longue. Cette posture apaise également le mental et favorise un bon étirement du bas du dos. Procédez avec prudence si vous avez des problèmes discaux. Ces enchaînements sont modulables : vous pouvez adapter votre routine avec d’autres poses de yoga incontournables.

Baddha Konasana : le papillon

Baddha Konasana ouvre les hanches et étire l’intérieur des cuisses, deux zones souvent limitées chez les personnes sédentaires. Asseyez-vous avec les plantes de pieds jointes, talons tirés vers le bassin. Laissez les genoux descendre vers le sol sous l’effet de la gravité, dos droit.

Ne forcez pas les genoux vers le bas avec les mains : laissez le relâchement se faire naturellement au fil des respirations. Cette posture améliore la circulation dans la région pelvienne et soulage les tensions accumulées par la position assise prolongée. Évitez-la si vous avez des douleurs au genou ou à l’aîné.

Vous voulez progresser plus rapidement en souplesse ?

Un coach de yoga peut identifier vos zones de raideur, adapter les postures à votre morphologie et accélérer votre progression en toute sécurité.

Upavistha Konasana : l’angle assis

Upavistha Konasana cible un étirement profond de l’intérieur des cuisses et des ischio-jambiers dans une ouverture latérale. Asseyez-vous avec les jambes écartées aussi loin que possible, pieds flexes. Sur l’inspiration, allongez la colonne. Sur l’expiration, penchez-vous entre les jambes en gardant le dos aussi plat que possible.

Les pieds flexes protègent les genoux et maximisent l’étirement des adducteurs. Cette posture stimule également les organes abdominaux et contribue à une meilleure digestion. Progressez graduellement dans l’ouverture : la souplesse des adducteurs se développé lentement mais sûrement.

Adho Mukha Svanasana : le chien tête en bas

Adho Mukha Svanasana étire simultanément les épaules, les ischio-jambiers, les mollets et le dos. Partez à quatre pattes, mains sous les épaules, genoux sous les hanches. Poussez dans les paumes et soulevez les hanches vers le ciel pour former un V inverse. Les talons descendent vers le sol sans forcer.

Cette posture renforce les bras et les jambes tout en étirant la chaîne postérieure.

Elle améliore la circulation sanguine et peut réduire le stress. La pose du chien tête en bas figure souvent dans les meilleurs exercices de yoga à domicile. Évitez-la si vous souffrez du syndrome du canal carpien ou de blessures aux épaules.

Marichyasana : la torsion du sage Marichi

Marichyasana combine torsion et étirement latéral pour assouplir la colonne vertébrale et les épaules. Asseyez-vous avec une jambe tendue et l’autre pliée, pied au sol. Tournez le buste vers la jambe pliée, coude opposé à l’extérieur du genou pour approfondir la rotation.

Sur l’inspiration, allongez la colonne. Sur l’expiration, tournez un peu plus.

La respiration guide la profondeur de chaque rotation. Les torsions vertébrales favorisent la mobilité intervertébrale et stimulent la digestion en massant les organes internes. Cette posture soulage certains maux de dos, mais elle doit être évitée en cas de hernie discale ou de troubles digestifs aigus.

Bon réflexe

Pour les torsions comme Marichyasana, commencez toujours par allonger la colonne avant de tourner. Une colonne comprimée qui tourne risque de surcharger les disques intervertébraux. L’allongement préalable créé l’espacé nécessaire à une rotation sécuritaire.

Bhujangasana : le cobra

Bhujangasana étire la poitrine, les épaules et le ventre tout en renforçant la colonne vertébrale. Allongez-vous sur le ventre, mains sous les épaules. Sur l’inspiration, poussez dans les paumes pour soulever la poitrine du sol, coudes légèrement fléchis. Les épaules restent basses, loin des oreilles.

Cette extension douce, régulièrement proposée en cours de yoga doux, ouvre la cage thoracique et améliore la posture, en particulier chez les personnes qui passent de longues heures penchées sur un écran. Maintenez 5 respirations. La HAS (2023) recommandé les exercices d’extension dorsale douce dans le cadre de la prévention des douleurs cervicales liees au travail sédentaire. Évitez le cobra si vous avez des douleurs lombaires aigues.

Dhanurasana : la posture de l’arc

Dhanurasana pousse l’extension dorsale plus loin que le cobra en ajoutant la flexion des genoux et la traction des chevilles. Allongez-vous sur le ventre, pliez les genoux et saisissez vos chevilles. Sur l’inspiration, poussez les pieds vers l’arriere et le ciel pour soulever la poitrine et les cuisses simultanément.

Cette posture ouvre la cage thoracique, renforce le dos et masse les organes digestifs par la pression abdominale. Si vous ne parvenez pas a attraper vos chevilles, utilisez une sangle. Évitez Dhanurasana en cas de hernie discale, de douleurs lombaires ou pendant la grossesse.

Trikonasana : le triangle

Trikonasana étire les flancs, les hanches et les ischio-jambiers dans un plan latéral que peu d’autres postures explorent. Debout, ecartez les jambes. Tournez un pied à 90 degrés. Étirez les bras paralleles au sol, puis penchez-vous vers la jambe tournee en placant la main sur la cheville ou le tibia. Le bras opposé monte vers le ciel.

Une dame asiatique tres souple pratique le yoga sur un pont ombrage.
Attention, pour effectuer cette pose de yoga, il faut être doté(e) d’une grande souplesse !

Cette posture renforce les jambes, améliore l’équilibre et étire les muscles latéraux souvent négligés. Vous n’avez pas besoin de beaucoup d’accessoires de yoga pour pratiquer : un tapis suffit. Évitez Trikonasana si vous avez des blessures au cou ou aux hanches. Maintenez un alignement correct : les épaules empilées l’une au-dessus de l’autre, le buste ouvert vers le ciel.

Parivrtta Janu Sirsasana : la tête au genou incline

Parivrtta Janu Sirsasana combine étirement latéral et torsion pour un travail complet de souplesse. Asseyez-vous avec une jambe tendue sur le côté et l’autre pliée, pied contre la cuisse. Penchez-vous vers la jambe tendue en étirant le bras opposé au-dessus de la tête en direction du pied.

Cette posture étire les ischio-jambiers, le dos et les flancs simultanément. Elle améliore la digestion et la flexibilité de la colonne vertébrale. Pratiquez avec douceur et écoutez les signaux de votre corps : si une tension apparait dans le bas du dos, réduisez l’amplitude. Évitez cette posture en cas de douleurs dorsales ou de blessures aux ischio-jambiers.

Yoga et souplesse : respectez votre rythme

Les postures présentées dans cet article sont à titre informatif et ne remplacent pas un accompagnement personnalisé. Si vous souffrez de douleurs articulaires, de hernies discales, de troubles cardiovasculaires ou de toute autre condition médicale, consultez un professionnel de santé avant de débuter ou d’intensifier votre pratique. La souplesse se construit progressivement : ne forcez jamais un étirement au-delà de vos capacités actuelles.

Donnée clé : Selon l’INSERM (2023), une pratique régulière du yoga améliore la souplesse globale de 25 à 35 % en 12 semaines, avec des gains particulièrement marqués au niveau des ischio-jambiers et de la colonne lombaire.

Les bénéfices persistent tant que la pratique est maintenue à raison de 2 séances minimum par semaine.

Ces 10 postures couvrent l’ensemble des chaînes musculaires impliquées dans la souplesse : chaîne postérieure, adducteurs, flancs, épaules et colonne vertébrale. Integrez-en 4 ou 5 par séance en les alternant d’un jour à l’autre pour un travail équilibre. La régularité compte davantage que l’intensité : 20 minutes quotidiennes produisent de meilleurs résultats qu’une pratique longue et espacée. Écoutez votre corps, progressez à votre rythme et laissez la souplesse venir naturellement.

Recommended Posts